Trump, le mytho

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1000 jours, 13400 mensonges, le vrai bilan de Trump.

1000 jours de Présidence de Donald Trump… Et un impensable record… C’est le service de fact checking du Washington Post qui annonce ce chiffre tout bonnement incroyable : en un peu moins de 3 ans à la Maison Blanche, Donald Trump a prononcé 13400 mensonges ou approximations !

Ce qui fait une moyenne de quatorze (!!) « mythos » par jour, ce qui est, avouons-le, une prouesse difficile à réaliser.

À ce niveau, on s’approche de la mythomanie clinique. Et nul doute que le locataire de la Maison Blanche serait un cas pratique extrêmement intéressant pour les psychiatres. Nous ne devrions pas être surpris outre mesure, car durant sa campagne, le candidat Trump avait déjà franchi le Rubicon à de nombreuses reprises. Son rapport plus que distant avec les faits et le concept même de vérité a explosé aux yeux de tous les observateurs… Pour rappel, l’institut de Fact Checking, Politifact estimait à 4% la part de propos vrais dans les déclarations de Donald Trump durant l’année 2016… Et depuis qu’il a pris ses fonctions, les choses n’ont cessé d’empirer.

Quel est le mensonge le plus prononcé par le Président américain ?

Un exemple ? Cette phrase est son mensonge le plus répété depuis qu’il occupe la Maison Blanche : « Nous sommes en train de construire le Mur », prononcé 218 fois par Donald Trump. Oui, vous avez bien lu, 218 FOIS !!!

Un autre exemple ? Cette affirmation, évidemment fausse, que « l’économie américaine ne s’est jamais aussi bien porté qu’aujourd’hui », répétée 204 fois depuis juin 2018… Sous Eisenhower, Johnson ou Clinton, pour ne citer que le XXe siècle, l’économie américaine était beaucoup plus florissante ! Le Washington Post en profite pour suggérer au Président de revoir ses notions de bases en économie, car il ne maîtrise que très partiellement les principes même de l’économie de marché et de ses règles les plus élémentaires…

Tout y passe, mais le Président des États-Unis a malgré tout ses thèmes de prédilection, qui montrent d’ailleurs ses orientations politiques : 20% des mensonges concernent l’immigration, puis viennent ensuite l’économie américaine, le commerce et l’enquête du FBI sur l’élection de 2016, chacun représentant 10% du volume de ses élucubrations.

La riposte ?

Les instituts de Fact checking se préparent donc à passer une année 2020 chargée avec l’approche des élections. Leur tâche, désormais hautement nécessaire à l’expression saine de la démocratie et à son fonctionnement, sera plus difficile encore en 2020 qu’en 2016. Impossible de faire pire ? Et bien, malheureusement si…

Car c’est au travers des plateformes sociales que se répandent le plus rapidement et le plus insidieusement les fake news… Or, Facebook, principal réseau social au monde, vient d’annoncer que la vérification des contenus ne s’appliquerait pas aux propos tenus par les candidats dans les publicités ciblées sur le réseau.

Et donc, que Trump pourra non seulement continuer à mentir à une cadence infernale mais pire, que les outils de ciblage publicitaires extrêmement puissants et performants de Facebook serviront à rendre ses mensonges encore plus efficaces. J’imagine déjà vos yeux se lever vers le ciel… Si la campagne de 2016 a été largement impactée par les fake news, avec les terribles conséquences que cela induit pour la qualité du débat démocratique, comment cette décision de Facebook pourrait-elle améliorer la situation ?

Déjà de très nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer ce nouveau paradigme de la communication sur Facebook. En anglais, ça donne « free speech ≠ free reach », que l’on pourrait traduire ainsi : « la liberté d’expression totale d’accord mais pas le libre ciblage sur les réseaux« . En gros, vous pouvez dire tout ce que vous voulez en vertu du premier amendement mais pour cibler des personnes avec vos messages (et donc potentiellement vos mensonges, dans le cas de Trump), une forme de contrôle ou de régulation est nécessaire.

Quelles conséquences aura sur la campagne le fait de permettre aux plus riches de cibler plus efficacement et plus insidieusement leurs futurs électeurs, y compris avec des mensonges éhontés ?

C’est tout l’enjeu de l’année électorale à venir, qui, dans ces conditions, pourrait bien voir un menteur patenté conserver son poste d’homme le plus puissant de la planète.

Thomas Huchon

@ThomasHuchon

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