RWANDA : MAUVAIS SOUVENIR

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Spicee. Mauvais souvenir Rwanda

DE MAUVAIS SOUVENIRS À AVENIR RWANDAIS

Au Rwanda, ils ont longtemps été rejetés. Ce sont les enfants nés des viols commis pendant le génocide de 1994. Ils seraient près de vingt mille. Aujourd’hui, ils ont vingt ans et apprennent à vivre avec ce terrible héritage.

Spicee est allé à la rencontre de Dyvine, Hillary, Arthur, Emmerance… Ces jeunes sont à l’aube de leur vie d’adulte. Des questions sur leurs origines, ils s’en sont posées depuis toujours. Aujourd’hui, ils osent enfin parler de leur histoire et de ce douloureux sentiment d’illégitimité, qu’ils ont souvent éprouvé face à la société rwandaise. Ces enfants, qui sont surnommés « Mauvais souvenirs« , porteraient pourtant, en eux, une belle promesse : celle de la réconciliation entre Hutus et Tutsis. Et si finalement c’étaient eux, l’avenir du Rwanda ?

6 avril 1994. L’avion du président hutu Juvénal Habyarimana est abattu. Cet attentat marque le début du génocide rwandais qui durera jusqu’au mois de juillet et fera près de 800 000 morts chez les Tutsis et les Hutus modérés. Un autre type d’arme a particulièrement été utilisé durant ces cent jours génocidaires : le viol.
L’enfant de la honte. L’enfant de l’inconnu. L’enfant du hasard. Le cadeau du malheur. L’enfant « mauvais souvenir ». Autant de noms pour désigner ceux qui sont nés, pour la plupart, d’une mère tutsie et d’un père hutu. Aujourd’hui, ils ont 20 ans.

Les réalisateurs de ce documentaire ont rencontré ces jeunes adultes dans leur village paisible et verdoyant : Lilima. Le pays a changé, la vie a repris son cours et semble en apparence avoir enterré le conflit. En portraits croisés, Mauvais Souvenir questionne leur passé, leur avenir et aborde à la fois l’absence du père et la relation souvent conflictuelle avec la mère. Entre désamour familial et rejet social, la vie de ces enfants demeure pleine de doutes.

Spicee. Rwanda mauvais souvenir
Stigmatisés, parfois discriminés, les effets d’une telle enfance ont parfois engendré à l’adolescence des comportements agressifs, un repli sur soi et des relations familiales difficiles. Devenus adultes, ces enfants témoignent dans ce film afin de faire connaître leur histoire et de montrer leur capacité de résilience.

La caméra les suit au sein de leur famille mais aussi lors des répétitions et d’un spectacle du groupe de danse traditionnelle qu’ils ont constitué. Le film montre également comment les psychologues de l’association SEVOTA les aident à exorciser les fantômes qui les hantent et à mettre des mots sur leur souffrance.

À travers la danse, le chant, la prière et surtout le partage d’expérience, cette association permet aux différents individus de communiquer et de construire l’avenir ensemble. Ces activités permettent la réinsertion des enfants et de leurs mères dans la société rwandaise.

Nous sommes fiers de vous annoncer qu’en plus d’avoir séduit la presse, « Mauvais Souvenir » est sélectionné au Prix Albert Londres 2016.

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