RIO : LA CITÉ DES BALLES PERDUES

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on LinkedInShare on TumblrEmail this to someoneShare on Google+Pin on Pinterest

Spicee. Rio : cité des balles perdues

« ICI, ON NE PARLE JAMAIS DE BALLES PERDUES. ELLES TROUVENT TOUJOURS LEURS VICTIMES »

Pas une semaine sans l’enterrement d’une victime de balle perdue. A Rio, la capitale économique du Brésil, on dénombre en moyenne 4000 personnes qui tombent chaque année sous les tirs croisés des policiers et des bandes armées. Depuis que la police militaire a été missionnée pour reprendre le contrôle des favelas, les affrontements sont quotidiens, de plus en plus violents et les armes de plus en plus puissantes… Dans quelques mois, Rio accueille les JO alors les policiers nettoient la ville et les tensions se multiplient. Les balles perdues aussi… On ne sait jamais d’où elles viennent. Mais elles trouvent toujours une cible… Souvent ce sont des enfants…

Victoria est une journaliste brésilienne basée à Rio de Janeiro. Elle a voulu savoir comment son pays en était arrivé là. Son enquête commence après la mort d’Eduardo. Ce gamin de 10 ans vivait avec sa famille dans le Complexe de Alemao, l’une des plus grandes favelas de Rio (17 000 habitants) située à trois-quarts d’heure de voiture du centre-ville. Eduardo est décédé en avril 2015 après avoir reçu une balle dans la tête alors que la police intervenait dans son quartier contre des gangs armés.

Eduardo va devenir un symbole des victimes de balles perdues. Sa mort déclenche une large manifestation organisée dans les quartiers riches, d’ordinaires indifférents à ces histoires, pour protester contre cette hécatombe… Victoria y découvre que désormais ce drame n’émeut plus simplement les habitants des favelas.

Ces morts à répétition ont aussi poussé des mères issues des quartiers pauvres à se réunir. Elles ont toutes perdu un proche et pour la première fois ont décidé de sortir de leur silence pour dénoncer ces violences et demander justice. 77% des jeunes tués par balle au Brésil sont noirs et 80 % habitent dans des quartiers défavorisés. Pour elles, « les policiers censés les protéger sont pires que les bandits ».

Pour essayer de mieux comprendre les conditions de travail de la police, Victoria suit une patrouille dans une des favelas de Rio. Elle est immédiatement frappée par la lourdeur de l’armement qu’ils emportent avec eux. Gilets pare-balles, armes légères mais aussi fusils de guerre. Des moyens justifiés par la police en raison des armes de plus en plus puissantes utilisées par les gangs.

Lors d’une rencontre avec l’un de ces gangs, Victoria constate qu’il est très facile de se procurer un fusil mitrailleur. Et que les gangsters n’hésitent pas à en faire usage… « Quand la police nous tire dessus, c’est pour nous toucher. Donc, quand on tire dans leur direction, c’est aussi pour les toucher« .

Des trafiquants armés jusqu’aux dents pour lutter contre la police. La police elle-même armée jusqu’aux dents pour combattre les trafiquants. Un cercle vicieux, sans échappatoire pour les habitants.

Un film de Victoria Alvares.

Related posts

Leave a Comment