Et si l’on ride…entre filles

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Si l’on pense que le vélo est un sport exclusivement masculin, ces filles là nous prouvent le contraire. Adeptes du fixie, elles aussi ont la passion du ride. Aussi bien lors de compétitions qu’entre copines, ce qu’elles aiment, c’est rouler. Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, il leur faut leur dose. Parce que oui, pour certaines, rouler est devenu, ou l’a toujours été, indispensable à leur quotidien.

Apolline n’avait jamais pensé avoir un goût particulier pour le cyclisme. C’est un peu par accident qu’elle est tombée dedans : “ Ça fait 3 ans que je fais du fixie. J’ai commencé parce que mon copain en faisait. Il parlait de ça tout le temps avec ses potes : de marques de vélo, de courses de vélos, de pignon, de chaînes…Du coup, je me suis mise dedans. Un jour il m’a proposé de faire une course et du coup voilà c’était parti!”

Oui mais alors, c’est quoi un fixie ? A la différence d’un vélo de route – qui est le vélo destiné usuellement à la compétition -, le fixie n’a pas de frein ni de vitesse. On est donc obligé de pédaler tout le temps et avec la même force. Pour freiner, il faut arrêter de pédaler. “Tout le monde nous demande à quoi ça sert et où est l’avantage. D’une part le vélo est plus léger (environ 8kg selon les modèles), mais c’est surtout qu’on est tous dans le même univers.”

 

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Après avoir rouler avec quelques potes, cette originaire de Dijon a vite monté en grade. Durant un stage à Londres, Apolline participe à la course organisée par le Red Hook Criterium – organisme très reconnu dans le milieu – qui organise des courses à l’international. A cette course, elle rencontre une bande de Français qui l’intègrent dans leur équipe et, de fil en aiguille, elle se trouve un manager. A son tour, il souhaite monter une équipe de pignon fixe et lui propose directement une place. Aujourd’hui, elle est sponsorisée, elle est la seule fille de son équipe et elle participe autant qu’elle peut à des courses.

Elle est d’ailleurs présente à La Petite Course. Pour la 2ème année consécutive, La Petite Course investit les Grands Voisins dans le 14ème arrondissement de Paris pour y organiser une compétition de fixie. Une épreuve spéciale pour les filles est programmée. Apolline explique que lors des événements, les organisateurs essayent de plus en plus de prévoir des courses séparées entre filles et garçons. “Franchement, j’ai déjà roulé avec des mecs et t’es pas bien. Dans tous les cas tu sais qu’ils vont te dépasser. Il y a ceux qui veulent te doubler en criant gauche/droite mais tu sais pas s’ils vont te doubler sur la gauche ou sur la droite. C’est beaucoup mieux pour les filles de ne faire des courses qu’entre elles.” Qu’à cela ne tienne, les concurrentes vont devoir se surpasser si elles veulent remporter les cadres de vélo destinés aux vainqueurs filles et garçons.

Il y a vraiment une bonne ambiance à la Petite Course, t’as des soirées organisées après, tous ensemble. Il y a un peu de compétition quand même mais comparé aux courses de route, où ils sont tous en train de manger leurs pâtes sans se regarder, sans se parler, c’est beaucoup plus cool.” Et les différents aménagements prévus pour l‘événement sont d’ailleurs là pour assurer l’ambiance. Un camping éphémère a été monté à l’occasion de la course: petites cabanes en hauteur, transats sous les arbres, il y a même une machine à laver qui fait tourner l’eau uniquement en pédalant ! On a l’impression d’être dans une bulle.

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A la Petite Course, il y a aussi les filles de GOW : Girls On Wheels. Crée il y a un peu plus d’un an, ce groupe parisien réunit  aujourd’hui 400 filles. Elles proposent régulièrement de se retrouver le soir, en semaine ou les week-ends, pour rouler en vélo de route ou fixie. Certaines ont plus la ride dans le sang que d’autres du coup, c’est chacun son rythme et sans pression. L’idée, à la base, n’était pas de rouler exclusivement entre filles mais plutôt d’arriver à suivre le rythme et d’éviter d’être entourée, parfois, d’un peu trop de testostérone. Voilà ce qui a conduit à la création de GOW. A présent, les filles qui font du fixie ont réussi à se créer une vraie communauté, elles se retrouvent souvent lors des courses, même lorsqu’elles ne viennent pas des mêmes villes, elles sont moins nombreuses mais du coup se connaissent vraiment et créent plus de liens. Un mouvement s’est véritablement construit.

Malgré cela, quand on se rend dans des magasins de vélo, il y a très peu de matériel réservé aux filles, preuve que les mentalités intègrent difficilement l’idée qu’une fille puisse rouler, et au même niveau qu’un garçon. En discutant un peu avec ces rideuses, le même constat revient : idéalement, il faudrait rouler avec des garçons, parce que ça fait forcément progresser. “Après, c’est sûr qu’il y a des filles qui sont aussi, voire plus fortes que certains garçons donc il n’y a pas d’énormes écarts non plus” selon Apolline. Raison de plus pour mieux les considérer.

La discipline n’est pas encore reconnue par la Fédération Française de Cyclisme mais elle se développe de plus en plus. Même si les premières éditions sont souvent organisées par des petites structures qui ont peu de moyens, cela n’altère en rien l’ambiance et l’envie générale de populariser la pratique du fixie. Et ce, peu importe le sexe !

Camille Floch

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Crédits photos: La Petite Course

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