Extrême Trump

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Depuis le 12 août et les événements à la fois tragiques et honteux de Charlottesville, Donald Trump n’en finit pas de s’enfoncer. Il indigne le monde entier en lui montrant toute l’ampleur de sa violence verbale, de ses errances intellectuelles et historiques, de ses arrangements avec la morale, la justice, l’éthique bref, de son absence définitive de tout sens de l’État et de la conduite d’une nation. Nombreux sont ceux qui ne se faisaient guère d’illusions sur le niveau du 45ème président des États-Unis. Pourtant, ils sont surpris et sidérés par la découverte de la nouvelle face sombre qu’il révèle au grand jour : Donald Trump est plus que complaisant à l’égard des thèses d’extrême droite et de ceux qui les incarnent.
Le problème, c’est que ceci ne devrait pas être une surprise. Pour une simple et bonne raison : depuis de nombreux mois, Donald Trump est soutenu, méthodiquement, fidèlement et puissamment par des réseaux ultra-réactionnaires dont les idées dégagent les relents les plus nauséabonds de l’extrémisme et du racisme. C’est un fait. Ce sont même ces réseaux qui l’ont amené au pouvoir et aujourd’hui, il ne fait que marquer sa fidélité (pour ne pas dire son inféodation) à leurs thèses. Tout ceci, Spicee l’a montré, avant tout le monde, dans un documentaire édifiant qui résonne extrêmement fort aujourd’hui : Unfair Game, comment Trump a manipulé l’Amérique. Dans ce film, Thomas Huchon dévoile la terrifiante tromperie de l’élection de Trump et notamment, comment il a été poussé dans son ascension par ce que l’Amérique fait de pire : la droite extrême qui vomit l’Etat Providence, l’Establishment, les femmes, les pauvres, les immigrés, les faibles, les Noirs. Cette droite suprémaciste, indulgente avec les racistes du Ku Klux Klan lorsqu’elle ne les soutient pas ouvertement. Cette frange la plus extrême des réactionnaires a deux visages principaux. Le premier, inconnu du grand public, est tout simplement l’homme à qui Trump doit sa victoire. Il se nomme Robert Mercer, mathématicien génial et milliardaire, prêt à tout pour détruire tout ce qui pourrait gêner les intérêts des plus riches et la domination des Blancs aux États-Unis. Thomas Huchon en dresse un portrait inédit dans son film. Il explique aussi, autre révélation, comment ce milliardaire a mis au service de Trump une diabolique machine à gagner les élections.
L’autre visage, c’est celui de Steve Bannon. Proche parmi les proches de Mercer, il est aujourd’hui l’un des premiers conseillers du Président Trump. Ultra populiste, grand pourvoyeur des Fake News qui ont émaillé la dernière campagne, Steve Bannon est un admirateur de Leni Riefenstahl, la cinéaste du Troisième Reich. Son livre de chevet est le Camp des Saints, roman raciste écrit par le Français Jean Raspail dans les années 70 et qui imagine l’arrivée massive d’un million d‘immigrés venus détruire la civilisation occidentale, sur les plages du sud de la France . Une référence pour lui, prophétie des menaces que font aujourd’hui peser les musulmans et plus globalement les « non blancs » sur le monde chrétien. La nomination de Steve Bannon à la Maison Blanche avait d’ailleurs en son temps été applaudie par David Duke, ancien chef de file du Ku Klux Klan.
Voilà qui sont les hommes qui conseillent et influencent Trump. Voilà qui sont ceux qui l’ont porté au pouvoir. Et ne nous y trompons pas, il ne s’est pas agi là d’un soutien de circonstance dont le futur président aurait pu se féliciter par opportunisme pour le renier par la suite. Non, Donald Trump était d’accord avec ces théories. Sans doute plus profondément que l’on aurait pu le penser. Et ce que compte encore l’Amérique de consciences éclairées et de démocrates en prend aujourd’hui, avec horreur, toute la mesure.
Mise à jour : le 18 août, en pleine tempête, Steve Bannon démissionne de son poste à la Maison Blanche. Dans un tweet, Donald Trump le remercie pour son rôle essentiel dans sa victoire contre cette « pourriture d’Hillary Clinton » (Sic). Bannon, lui, déclare qu’il quitte la Maison Blanche et « part en guerre pour Trump, contre ses opposants, au Capitole, dans les médias et le monde des affaires ». L’Amérique n’en a pas fini avec Steve Bannon.
Jean-Bernard SCHMIDT
Pour voir le documentaire Unfair Game, cliquez ICI

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