Si Trump l’emporte, il pourra remercier les conspis

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on LinkedInShare on TumblrEmail this to someoneShare on Google+Pin on Pinterest

EDITO SPICEE_ DONALD TRUMP

« Obama est le fondateur de Daech ! », « Les vaccins provoquent l’autisme », « le réchauffement climatique est un mensonge inventé par les Chinois pour tuer l’industrie américaine », ou plus clairement « les médias complotent contre moi ». Ces mots ne sont pas les titres d’un obscur site Internet, ni d’un magazine classé à l’extrême-droite de l’échiquier politique. Ces mots, ce sont ceux de celui qui entend devenir le prochain Président des Etats-unis d’Amérique, la plus grande démocratie du monde. C’est le fait marquant de cette campagne électorale : les théories du complot font désormais partie du paysage politique américain.

Le candidat républicain, Donald Trump, a fait de ces thèses farfelues des arguments de campagne. Clairement, consciencieusement, au fil des sorties médiatiques ou d’envolées dans ses meeting, il assène – sans jamais démontrer quoi que ce soit – des “vérités“ que les médias traditionnels ne “veulent pas vous dire“. Petit à petit, il a repoussé les limites de l’acceptable, du rationnel, pour gagner les consciences des électeurs, et par conséquence, leurs votes. Cette forme de populisme n’a rien de nouveau, si ce n’est l’ampleur de l’adhésion à ces thèses qu’elle révèle. Les analystes politiques l’ont bien compris au pays de l’Oncle Sam et ont même baptisé ce mouvement : l’alt-right pour alternative right, la droite alternative. Populiste, conservatrice, xénophobe et islamophobe, cette nouvelle « droite alternative » est avant tout conspirationniste. C’est sur Internet qu’elle s’est construit un espace au cours des 10 dernières années, c’est sur le web qu’elle a fidélisé ses partisans et qu’elle a construit ses relais.

SPICEE - WELCOME TO TRUMPLAND EP1

Dans cette entreprise visant à convaincre le plus grand nombre d’électeurs, Donald Trump a trouvé un allié de poids. Un homme méconnu des Français, mais dont l’influence est croissante depuis le milieu des années 2000 aux États-Unis : Alex Jones, pape des conspirationnistes, 20 millions de téléspectateurs revendiqués toutes les semaines pour son show sur Internet. (Voir son portrait ici ). Cet homme qui « murmure à l’oreille de Trump » a compris avant les autres le pouvoir qu’Internet donnerait à ceux qui sauraient en comprendre les codes et les usages… Cet ancien animateur radio d’extrême-droite a déjà fait des théories du complot un business, aujourd’hui il en a fait un lobby politique et une arme électorale à disposition d’un candidat à la présidentielle. Ce soutien sera-t-il suffisant pour permettre à Donald Trump de devenir le prochain Président des Etats-Unis d’Amérique ? Réponse ce soir. Une chose est certaine cependant : s’il l’emporte, le candidat républicain pourra dire merci aux conspis !

Thomas Huchon

@ThomasHuchon

 

Related posts

One thought on “Si Trump l’emporte, il pourra remercier les conspis

  1. Pas certain que les conspis aient joué un rôle si important que cela. Alex Jones, Glenn Beck et Rush Limbaugh existent depuis les années 2000 et aucun candidat Républicain n’a réellement profité de leur discours, parfois même ils ont été problématiques au positionnement de certains (Romney notamment). Tous sont issus de la longue, lente évolution de l’après « Goldwater » où les Républicains ont décidé de se ré-approprier les canaux médiatiques jusque là presqu’entièrement dévoués aux Démocrates, en poussant leurs poulains. Si 12 millions d’Américains croient au « Reptiliens », ce n’est pas ça qui les a poussé à voter Trump, mais plutôt ce qui les amené à penser que les reptiliens existent : le manque d’instruction dû à une école malade et une église fondamentaliste trop présente.

Leave a Comment