TRUMP : les conspis font basculer le scrutin en sa faveur.

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Les Etats-Unis ont fait leur choix. Donald Trump sera le prochain Président des USA. L’impossible est arrivé. L’impossible ? Oui, l’impossible, car  si le resserrement observé ces dernières semaines dans les sondages semblait indiquer une possibilité de victoire pour des Républicains (qui n’y croyaient guère, d’ailleurs), peu d’observateurs avaient anticipé la vague Trump.

Quels sont les premiers enseignements à chaud de ce scrutin ? Le site web The Atlantic explique cette « victoire imprévue » par la capacité de Donald Trump à « mobiliser les votes des ruraux et des ex-urbains, et à écraser sa concurrente chez les Blancs en cols-bleus ». CNN note que « Trump écrase sa concurrente parmi les électeurs blancs non-éduqués presque partout, en particulier dans le sud : 18 points d’avance dans le New Hampshire, 21 dans le Colorado, 34 en Floride, 40 en Caroline du Nord, 64 en Géorgie ! ». Les sondages sortis des urnes montrent une victoire par K-O de Trump sur Clinton parmi les Blancs non-éduqués au niveau national (39% d’avance !), un chiffre encore jamais vu, supérieur au précédent “record“, établi en 1984 par un autre Républicain, Ronald Reagan. Un des rares Président à figurer au Panthéon du futur Président, Donald Trump.

Pour le New York Times, c’est encore plus clair : « La working class blanche contre la coalition Clinton » annonce le quotidien en ligne dans son article consacré à l’analyse des résultats. « Trump a gagné parmi les hommes blancs non-éduqués, Clinton parmi les jeunes, les minorités et les femmes » pose en préambule le NYT. Avant de poursuivre : « Trump, qui a un jour dit qu’il aimait les gens qui ne sont pas allés à l’Université, a reçu de ceux qui n’ont aucun diplôme universitaire un immense amour en retour. 7O% des hommes non-éduqués et 60% des femmes n’ayant pas fait l’université, l’ont soutenu ».

 

Donald Trump - SPICEE

Ce scrutin très serré s’est donc joué sur les marges ténues entre les deux candidats. Et sur la capacité des prétendants à mobiliser ceux qui ne se déplacent pas d’habitude pour voter. En ralliant à lui les déçus de la politique, ceux qui rejettent « Washington et son establishment », qui « n’en peuvent plus de ce système et ne reconnaissent pas dans les partis », Donald Trump a fait la différence. Ce choix stratégique largement critiqué par les observateurs, qui considéraient les sorties complotistes et populistes du candidat républicain comme suicidaires, s’est finalement révélé payant.

Le hasard a fait que j’étais ce matin dans un lycée pour y faire l’une des nombreuses interventions pédagogiques réalisées depuis un an par Spicee pour développer l’esprit critique des jeunes, et les prémunir contre les théories du complot, justement. Ces mêmes théories du complot qui sont devenues certains des principaux ressorts argumentaires de la campagne Trump. J’ai rapidement été interpellé par les élèves sur le cas Trump. Comment leur expliquer qu’un homme qui affirme qu’ « Obama est le fondateur de Daech », que « Les vaccins provoquent l’autisme », ou encore que « le réchauffement climatique est un mensonge inventé par les Chinois pour tuer l’industrie américaine », puisse diriger la première puissance mondiale ? Difficile de donner une seule réponse.

Trump a gagné parce qu’il était populiste. Parce qu’il dépeignait un monde binaire avec les bons – le peuple et par extension, lui, qu’il prétendait incarner – et les mauvais – l’establishment, Washington, les partis politiques, les élites, les médias, et donc son adversaire, Hilary Clinton -. Parce qu’il a mené une campagne sur le web, campagne dans laquelle il a trouvé le soutien d’un mouvement particulièrement bien organisé, l’Alt-Right, dont les principales figures sont aussi les principales figures de la complosphère anglophone. Parce qu’il a su s’adapter au marché des idées, en intégrant dans son projet y compris les thèses farfelues qui fleurissent sur Internet. Parce qu’il avait compris son intérêt électoral à s’en servir.

Les conspis ont donc largement contribué à faire élire le futur Président des États-Unis. Preuve de plus de leur influence grandissante et du poids qu’ils représentent désormais sur l’échiquier politique. Dans quelques mois, nous aussi, nous élirons notre prochain Président de la République. Les théories du complot seront-elles, en France aussi, au cœur de la campagne ? L’extrême-droite s’est déjà empressée de féliciter le nouveau Président américain. Sur son compte Twitter, Jean-Marie Le Pen s’exclame : « Vive #Trump ! La dédiabolisation est une foutaise et une impasse. Les peuples ont besoin de vérité et de courage. Bravo l’Amérique ! »

La victoire de Donald Trump n’augure, hélas, rien de bon.

Thomas Huchon

@ThomasHuchon

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